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Lausanne : une multitude de coopératives en voie de création

Métamorphose aiguise les appétits. Des grands mais aussi des petits. Si des promoteurs immobiliers traditionnels et des grosses coopératives d’habitations comme la SCHL sont sur les rangs pour la réalisation de l’écoquartier prévu aux Plaines-du-Loup, des acteurs plus modestes veulent aussi y mettre un pied. Pratiquement inexistantes jusqu’alors, les coopératives d’habitants éclosent à Lausanne. Jusqu’à il y a peu, on ne connaissait que la structure Riponne-Tunnel, la pionnière, qui a redonné un coup de jeune à un groupe d’immeubles du centre-ville. Une nouvelle venue, B612, poursuit un projet indépendant de Métamorphose: elle rénovera les numéros 18 à 22 de la rue Curtat.

D’autres coopératives cependant, créées ou en voie de constitution, se mettent sur les rangs pour se voir attribuer un lot du futur écoquartier, qui prévoit quelque 1400 logements durables. Elinora Krebs, responsable du Service du logement, confirme la volonté de la ville de «favoriser la mixité à tous les niveaux.» Celle-ci passe notamment par l’attribution de parcelles à divers acteurs immobiliers. Plusieurs coopératives qui cherchaient des terrains ont ainsi été «mises en attente» pour le projet Métamorphose.

L’association Eco du logis projette de construire un immeuble respectant le label Minergie à Chailly. Laurent Guidetti, membre de l’association et cofondateur de Tribu’Architectures, ne cache néanmoins pas que cette réalisation servira à faire valoir sa compétence en vue de Métamorphose, et du futur écoquartier prévu à Malley. Originalité du projet: l’association Eco du logis se charge de la conception. Elle est composée des futurs habitants de l’immeuble. Mais ceux-ci sont aussi membres de la coopérative genevoise Codha. «L’avantage, c’est que nous pouvons nous appuyer sur cette structure pour tout ce qui est administratif. C’est aussi plus intéressant pour les loyers, car la Codha peut obtenir de meilleurs taux hypothécaires qu’une petite coopérative», note Laurent Guidetti. Autre particularité selon lui: «C’est la seule démarche où les habitants sont consultés aussi tôt dans le projet.»

Envie d’autonomie

La ville voit d’un bon œil les velléités pour créer des coopératives, mais elles doivent «venir des habitants», précise Elinora Krebs. Selon elle, ce qui motive les instigateurs, c’est l’envie d’être autonomes. Et contrairement au système de PPE, qui nécessite 20% de fonds propres, les coopérants ne doivent réunir que 5% à 10% de fonds propres. Ils bénéficient en outre d’une aide de l’Association suisse pour l’habitat. Mais comme en ville le terrain n’est pas facile à trouver, la commune entre souvent en matière en accordant un droit de superficie. En favorisant ce type d’habitat, elle emboîte le pas à la Suisse allemande et à Genève.

Lu dans 24Heures du 20.11.2008