Le tirage au sort, une méthode aux vertus démocratiques trop oubliée

Penser autrement: 

 Dans un excellent article intitulé "Le suffrage par le sort",  publié dans Le Courrier du 13 février, Antoine Chollet explique à quel point le tirage au sort était une méthode largement utilisée - y compris en Suisse - jusqu'à ce qu'elle tombe en oubli vers le début du XIXe siècle.

Egalité parfaite entre les citoyens, élimination de la corrupton, redistribution régulière du pouvoir et concentration de l'attention sur les objets en débat plutôt que sur les personnes, sont quelques-unes des vertus démocratiques cardinales que ce système d'élection est capable de préserver. 

Pour déployer ses bienfaits et dissoudre l'actuelle concentration - mortelle pour la démocratie ! -  du pouvoir en quelques mains privilégiées, il faut toutefois que cette méthode s'accompagne de dispositions qui notamment limitent la longueur et le cumul des mandats politiques, ainsi que la composition des organes décisionnels." Le tirage au sort doit s’accompagner, pour pouvoir exprimer toutes ses vertus démocratiques, de mandats courts et non renouvelables".

L'auteur poursuit en mettant en lumière la créativité institutionnelle dont nous pourrions faire preuve en réinventant les conditions de remise en valeur de cette méthode dans nos structures d'aujourd'hui : " Au lieu de toujours faire confiance au marché ou au culte de l’expertise qui, chaque jour davantage, montrent leurs déficiences, le tirage au sort (et l’idéal d’égalité qui l’accompagne) doit redevenir un référent essentiel dès que nous parlons de démocratie!"

Le Courrier - 13 février 2013