Des nouvelles de Charles Eisenstein

Penser autrement: 

Charles Eisenstein nous a écrit pour s'excuser de son silence : il a eu un petit et a pondu un nouveau livre. Longue vie, prospérité et  bonheur à ces deux bébés  et à leurs parents !

Le bébé s'appelle Cary. Le livre s'appelle The More Beautiful World our Hearts Know is Possible.  En français : Un monde plus beau est possible, nos cœurs le savent !

Il est étonnant, ce jeune homme en jeans, sweat-shirt et pieds nus qui parle pour TED , très simplement, sans notes et avec la conviction et la fluidité de parole d'un conteur. Il dit des choses justes et graves, sur notre monde qui s'écroule, les grands récits qui s'effondrent et nous qui ne parvenons que difficilement à lâcher prise sur cette vieille histoire de besoin de contrôle et de force à imposer au monde qui nous serait extérieur pour le faire changer. On n'en est plus là. 

Les vieilles croyances concernant les causes qui auraient des effets sont obsolètes. Contrairement à nous qui croyons que "plus pour toi = moins pour moi", il y a des cultures du don qui savent que "plus pour toi = plus pour moi". Par ailleurs, la physique quantique a montré que l'observateur se confond avec l'observé, que l'incertitude et l'inattendu sont la loi et que la Séparation entre nous et le monde n'est vraisemblablement qu'un mythe - tenace, certes, mais vieux. Nous sommes le monde. Le monde est sacré. L'esprit n'est pas séparé du corps ni du coeur. Nous sommes un tout. Et tout ce que nous faisons au monde, nous le faisons à nous-mêmes et réciproquement.

Prenons acte de cette réalité, cessons de penser que nous ne serons jamais la cause suffisante du changement nécessaire. Optons pour ce qui paraît, impossible et croyons au miracle : mettons-nous au service de ce mouvement qui sourd des profondeurs et qui nous murmure de nous reconnecter à nos rêves d'enfance : un monde plus beau est possible, nos coeurs le savent !

Quelques extraits de son livre, traduits à la volée : 

 

...Le démarrage de tout  ce processus de co-création du changement n’est pas un acte de foi, mais bien d’honnêteté. D’abord, il faut pouvoir reconnaître ne serait-ce que la plus petite part de ce qui est notre réalité.

Un premier niveau d'honnêteté consisterait à reconnaître nos illusions et à bien regarder la réalité en face. Ce qui peut être douloureux. Il est assez humiliant d'admettre: «Je n'ai pas vraiment cru en ce que nous faisions ; je n’y ai participé que pour le sentiment d’appartenance que j’en retirais, que pour me donner bonne conscience et donner une image vertueuse de moi, et tout simplement pour conjurer mon désespoir."

Mais il est un autre niveau d'honnêteté, plus courageux encore: à savoir de se fier à une véritable vision qui contredit le consensus sur ce qu’il est possible ou utile de faire. Il faut plus de courage pour croire à ce que nous savons être vrai, que de ne pas croire à ce que nous savons être faux. Un-e tel visionnaire sera, au départ, très seul-e avec cette connaissance, entouré qu’il-elle sera d'un tourbillon de doute à la fois intériorisé et extérieur. Car ce n’est pas une mince affaire que de se fier à un moment de clarté et de le faire durer, de le convertir en croyance et en action  au milieu de et malgré toutes les voix qui s’élèvent pour dire que c’est fou, voire impossible.

 

 

...Comment aider les personnes et les systèmes qui les contiennent à  lâcher prise ? Une attaque directe - preuves et logique à l’appui - ne fera qu'intensifier la peur et la résistance. Non que je pense qu'il y ait une logique derrière mes croyances, ni qu'elles aient besoin de preuves. Bien au contraire. Mais comme je l'ai dit plus haut,  il doit se passer autre chose, quelque chose de plus profond doit bouger, avant que les gens acceptent de seulement regarder les preuves. En tant que guérisseurs et agents de changement, nous devons viser ce niveau plus profond, cette blessure au cœur de l'Histoire de la Séparation. Et au contraire, nous devons plutôt penser à inviter les gens à entrer dans un monde plus vaste. C'est l'essence-même du miracle auquel nous travaillons.