Le protectionnisme comme outil de relocalisation de l'économie ?

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Penser autrement: 

 

Notes de lecture en lisant
François Ruffin : Leur grande trouille – Journal intime de mes « pulsions protectionnistes » - éd. LLL Les liens qui libèrent 2011

 

 

Un protectionnisme qui désigne ses adversaires : Non pas la Chine (ou la Roumaine, ou la Tunisie, etc.), mais nos multinationales qui en passent pas la Chine (ou la Roumanie, ou la Tunisie, etc.), instrument efficace dans la lutte contre ces prédateurs. Un protectionnisme qui ne constitue pas, en soi, pour moi, un projet politique, mais qui se révèle, je crois, pour qui vise plus loin, pour qui vise le partage des richesses, ou la décroissance, ou l’autogestion, ou la société sans classes, ou la planification écologique, ou l’égalité réelle, ou tout ça, qui se révèle une étape nécessaire, incontournable, sur ce long chemin. Un passage obligé pour la reprise en main de nos destins. (p.25)

… mon protectionnisme n’a rien d’un idéal. Juste une arme, un outil. Pour desserrer l’étau, sortir de ce moulin disciplinaire, restaurer une marge de manœuvre. Et nous redonner la liberté de nous choisir, ensemble, une destinée. (p.27)

« Toute la construction européenne et tous les traités relatifs à l’économie internationale (…) ont été viciés à leur base par une proposition enseignée et admise sans discussion dans toutes les universités américaines _ et à leur suite dans toutes les universités du monde entier : »Le fonctionnement libre et spontané des marchés conduit à une allocation optimale des ressources. » C’est là l’origine et le fondement de toute la doctrine libre-échangiste. Son application aveugle et sans réserve à l’échelle moniale n’a fait qu’engendrer partout désordres et misères. On pourrait conclure avec une autre citation, de Keynes cette fois : « Les idées exprimées ici sont extrêmement simples et devraient être évidentes. La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, elle est d’échapper aux idées anciennes qui ont poussé leurs ramifications dans tous les recoins de l’esprit des personnes ayant reçu la même formation que la plupart d’entre nous. » (p.79-80)

 

Un objectif raisonnable serait que, par des mesures appropriées et pour chaque produit ou groupe de proudits, un pourcentage minimal de la consommation communautaire soit assuré par la production communautaire.(p.81)

…l’économie mondialiste qu’on nous présente comme une panacée ne connaît qu’un seul critère, l’ »argent ». Elle n’a qu’un seul culte, l’ »argent ». Dépourvue de toute considération éthique, elle ne peut que se détruire elle-même. (p.82)

« …aujourd’hui, chaQue produit agricole dans le monde parcourt en moyenne 2500 km. Est-ce vraiment raisonnable ? » (P.83)

Plutôt que de renoncer à la mise en place de dispositifs nécessaires à la survie même de la planète, Solidaires Douanes considère qu’une TC (taxe à la consommation) européenne, doublée d’une TC aux frontières de l’Union sur le contenu carbone des produits importés s’impose rapidement.

… »travailler plus pour produire plus pour consommer plus » témoigne d’une idiotie manifeste …à remplacer au plus vite par le « Consommer moins, répartir mieux ». (p.99)

Le protectionnisme… il ne contient pour moi, en soi, aucune doctrine, aucune vision. C’est juste un outil, qui peut servir au pire sans doute (l’autarcie, la xénophobie) et au meilleur j’espère (la justice fiscale, l’exigence écologique), selon les mains qui le manient.  (p.138)

…« Relocalisation » a le vent en poupe,… [le mot]fait consensus. … comme si la relocalisation allait nous échoir par un don du ciel. Sans une intervention politique musclée. (p. 138-139)

Alors « protectionnisme » a bien des défauts. Mai sil a le mérite de ne pas avancer masqué, de montrer ses muscles : des taxes au frontières, il y est prêt. Un relèvement ciblé des barrières douanières, ça ne l’effraie pas. Le contrôle des capitaux, cela va de soi. En finir avec la libre circulation des marchandises, c’est nécessaire. Par sa brusquerie, le mot engage le combat, de front, contre le libre-échange. (p.141)

…en fait le libre-échange a pour conséquence de toujours favoriser le moins-coûtant et le moins-disant, et donc il tire l’ensemble des économies vers le bas. (p.145)

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