Les dimensions sociales des projets de mutation des friches urbaines

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Les dimensions sociales des projets de mutation des friches urbaines : négociation, participation et mixité sociale

Laurent Thévoz, géographe et Guillaume Dekkil, urbaniste à la CEAT (Communauté d'Etudes pour l'Aménagement du Territoire) ont publié en juillet 2009 avec le soutien de l'Office fédéral du Logement une étude dont le texte intégral se trouve en ligne.

 


Résumé
Les thématiques des négociations, de la participation de la population et de la mixité sociale interviennent toujours dans les processus de réaménagement des friches urbaines en quartier durable. Ces aspects sociaux, souvent négligés, sont l’objet du présent rapport. Ils jouent un rôle déterminant dans les processus de réaménagement et dans la gestion du nouveau cadre bâti.

Nos travaux s’appuient sur six études de cas conduites en Europe. Deux d’entre elles ont été réalisées en Suisse. Le terrain y est particulièrement intéressant compte tenu du processus de mutation industriel, de la localisation de ces terrains et des intentions de renouvellement urbain. Les études de cas permettent de révéler plusieurs enseignements pour la prise en compte des dimensions sociales des projets de réaménagement des friches urbaines.

Les cas étudiés montrent que la qualité des négociations conditionne celle des projets. En effet, elles sont incontournables pour la mise en place des quartiers durables. Les phases de définition des objectifs du développement durable et de régulation des aspects liés au foncier cristallisent les enjeux des négociations. La promotion d’un climat de confiance et la création d’un cadre institutionnel définissant les relations entre les parties impliquées sont déterminantes.

La participation de la population est un gage incontestable de durabilité et d'efficacité dans les processus de production de la ville. Elle n'est pas toujours saisie par les acteurs locaux. Le cas exemplaire du quartier de Vauban à Fribourg, révèle les conditions, les implications et les apports d’une démarche participative structurée et systématique.

Quant à la mixité sociale, souvent le parent pauvre de la durabilité des quartiers nouveaux, elle bute sur des enjeux économiques (l’équilibre financier des communes), sociaux (l’accès au foncier pour des projets immobiliers sociaux) et environnementaux (les surcoûts de la réduction des impacts des constructions).

Les autorités locales ne peuvent pas relever ces défis seules. Ainsi, des constellations naissent et offrent l’opportunité de porter à plusieurs des projets. Elles présentent néanmoins la contrainte de partage du pouvoir.
Les études des projets de réaménagement des friches urbaines, et de leurs dimensions sociales, mettent clairement en évidence l’importance du rôle des acteurs locaux dont les initiatives sont absolument essentielles à la mise sur pied de quartiers durables.
Dans le même temps, pour mettre en oeuvre des projets, les autorités locales doivent tisser des partenariats avec les acteurs de l’économie privée, avec la population et les futurs usagers.

Au final, les opérations de réaménagement des friches industrielles sont l’occasion de produire des quartiers durables. Toutefois ces démarches ne peuvent se faire sans placer les aspects sociaux des projets au centre des préoccupations. De telles approches confortent les actions en faveur de l’amélioration du cadre de vie et de la réduction de l’empreinte écologique du bâti.