Alternatiba appelle à une stratégie résolument non-violente

Penser autrement: 


Alternatiba appelle à une mobilisation populaire radicale et non-violente dans la perspective de la COP21

 


I - De la nécessité d'utiliser la COP21 pour faire émerger un nouveau mouvement climatique

 

Les scientifiques nous disent que si nous ne parvenons pas à limiter le dérèglement climatique, ce sont les conditions de vie civilisée sur Terre elles-mêmes qui risquent de disparaître, d'ici quelques décennies à peine. Ce qui veut dire que si nous continuons à faire fonctionner le système actuel dans les années qui viennent, ce sont les enfants qui naissent aujourd'hui-même qui seront confrontés à un monde dans lequel ils ne pourront peut-être même pas survivre.

Nous devons donc transformer nos modes de vie en profondeur, en quelques années seulement, alors que nous sommes confrontés aux forces très puissantes du marché, des lobby, et de notre propre dépendance au système actuel qui nous contraint à un certain type de consommation (utiliser la voiture pour aller travailler, acheter des produits en grande surface car ils sont abordables, etc.)

Ajoutons à cela que la mobilisation citoyenne climatique s'est effondrée en Europe après le sommet de Copenhague en 2009. En l'état actuel des choses, nous sommes donc en train de perdre la bataille la plus importante que l'humanité ait jamais eu à mener.

Dans ce contexte, la COP21, le sommet mondial sur le climat qui aura lieu en France en 2015, revêt une importance particulière car il réunira tous les Chefs d'État du monde, qui se sont engagés à trouver une solution internationale au climat à cette échéance. Même si le processus des négociations ne semble pas, à l'heure actuelle, capable d'aboutir à un accord international à la hauteur de l'enjeu, ce sommet sera un événement très important également pour la société civile : parce qu'il remettra le sujet du climat au centre de l'actualité ; parce qu'il est susceptible de mobiliser des dizaines de milliers de personnes d'Europe et du monde entier ; et ainsi créer les conditions du sursaut dont nous avons besoin. Si le sommet de Copenhague en 2009 a été l'occasion d'une prise de conscience mondiale de la gravité du problème climatique, et de l'élaboration de revendications communes fédérant largement les mouvements environnementaux, sociaux et de solidarité internationale (ONG, mouvements sociaux, syndicats, etc.), celui de 2015 doit être l'occasion d'impliquer les populations directement dans la transformation de nos sociétés, sans attendre un accord international qui pourrait échouer ou être insuffisant.

Dans cette perspective, Alternatiba a le mérite d'avoir relancé une mobilisation climatique en France, et de l'avoir fait sur l'axe des alternatives constructives, justement capables d'impliquer directement les citoyens dans leurs territoires et sur les actions qu'ils peuvent mener dans leur vie quotidienne pour contribuer à relever le défi climatique. Mais le changement depuis la base prend du temps, et le climat est détruit à une vitesse extrêmement importante. Nous avons donc besoin, pour éviter un basculement irréversible du climat, d'un mouvement climatique réellement hors du commun. La COP21, qui s'annonce comme le sommet climatique le plus important de l'histoire, offre une opportunité inédite d'impulser un tel mouvement.


II - De la pertinence de la stratégie d'action non-violente pour impulser un tel mouvement

Comme il s'agit de transformer nos sociétés en profondeur, c'est donc un mouvement citoyen et populaire, qui implique la société de la manière la plus large possible, qu'il faut contribuer à impulser et auquel il faut participer. Pour cela, c'est la stratégie de la lutte non-violente, telle que nous pouvons l'étudier à travers l'histoire, qui s'avère la plus pertinente. Des centaines de formes d'action non-violente différentes ont pu être observées depuis le début du XXè siècle, et selon deux spécialistes de l'action non-violente, Gene Sharp et Jean-Marie Muller, elles peuvent être classées en quatre catégories qui correspondent à quatre leviers de changement spécifiques.


1) Les actions constructives

Comme le dit Edgar Morin, les grands changements de société historiques n'ont pas été obtenus suite à des décisions prises « d'en haut », mais par l’invention de pratiques alternatives, qui après avoir été minoritaires, ont provoqué un basculement de l'ensemble de la société en atteignant une masse critique. Ces nouvelles pratiques sont déjà nombreuses et Alternatiba vise à les dynamiser en montrant au plus grand nombre en quoi elles sont des alternatives au dérèglement climatique, et comment elles favorisent en même temps une société plus agréable à vivre, plus juste, plus solidaire et plus humaine.

La démarche constructive est donc essentielle pour une transformation de la société, mais elle reste toutefois insuffisante pour relever le défi climatique. D'abord parce que cette transformation depuis la base est lente et que les délais dont nous disposons sont extrêmement courts. Ensuite parce que notre mode de vie actuel détruit le monde et le climat à une vitesse toujours croissante. Il faut donc, en même temps que nous construisons les alternatives, empêcher le monde d'être détruit à un seuil irrémédiable. Faute de quoi les alternatives seraient développées en vain. C'est là que les autres types d'action non-violentes peuvent compléter les actions constructives.


2) Les actions de non-coopération

Les actions de non-coopération sont directement complémentaires des actions constructives. Elles reposent sur l'analyse selon laquelle tout système en place nécessite la coopération de la population pour se maintenir. C'est avec notre argent que les banques financent des projets climaticides, c'est avec l'argent des ventes du Round-Up que Monsanto développe des semences transgéniques, c'est avec nos impôts que l'État fabrique des armes, c'est avec l'obéissance aux lois injustes que s'exerce l'injustice, etc. La non-coopération consiste à organiser un arrêt de de cette coopération, par un grand nombre de personnes en même temps, de manière coordonnée. Et pour arrêter de soutenir une entreprise, un secteur économique ou un gouvernement, il faut précisément organiser l'alternative.

Par exemple, des militants non-violents Sud-Africains qui ont combattu l'apartheid en organisant des boycotts massifs des magasins appartenant à des Blancs, ont ré-organisé auparavant leurs propres marchés et ont constitué des réserves ; les Noirs Américains qui ont lutté pour avoir les mêmes droits que les Américains Blancs ont boycotté une compagnie de bus qui appliquait une loi discriminatoire (les places assises des bus étaient réservées aux Blancs), ont organisé l'alternative par des covoiturages, des taxis collectifs, des déplacements à pied, pendant des mois, jusqu'à ce que la compagnie de bus, au bord de la faillite, cède sous la contrainte économique ; Gandhi avait impulsé en Inde un boycott du tissu industriel anglais en parallèle d'actions de réappropriation des moyens de production locale du tissu artisanal indien, etc. Récemment, l'archevêque et Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, un des leader de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, a lancé un appel à appliquer les méthodes historiques de la non-coopération aux entreprises dont l'activité porte préjudice au climat et aux entreprises qui les soutiennent et les sponsorisent.

Appliqué à la lutte climatique en France, l'action de non-coopération pourrait par exemple prendre la forme d'un mouvement massif de retrait des banques qui financent des projets climaticides au profit de la NEF, qui vient de devenir une banque à part entière, ou l'organisation de boycotts de produits alimentaires produits à l'autre bout du monde au profit de produits issus de l'agriculture paysanne locale via des AMAP, ou le retrait d'une partie de son argent des banques mondialisées au profit de monnaies locales, etc. C'est un mode d'action parfaitement non-violent qui permet, tout en réduisant les sources de pouvoir des entreprises nocives, de favoriser les alternatives, mais aussi de constituer un effet d'entraînement et de prise de conscience des consommateurs.

 

3) Les actions de protestation et de persuasion

Il s'agit des manifestations, des actions symboliques, des pétitions, des déploiements de banderoles, ou de toute autre forme d'action qui consiste à manifester son opinion et à tenter de convaincre l'opinion publique, les décideurs, les grandes entreprises, etc. Elles sont basées sur la persuasion car elles ne constituent pas, en elles-mêmes, un moyen de contrainte. Elles sont néanmoins utiles car, contrairement aux actions constructives et aux actions de non-coopération, qui se développent dans la durée et sont donc discrètes, ces formes d'action sont plus visibles et plus spectaculaires. Au sens premier du terme : elles frappent les esprits, et participent donc d'une prise de conscience. Elles ne se suffisent pas à elles-mêmes, mais elles participent d'une prise de conscience et peuvent ainsi contribuer à dynamiser les actions constructives et les actions de non-coopération en les mettant en lumière.


4) Les actions directes non-violentes

Les actions directes non-violentes consistent à empêcher le fonctionnement actuel du système en agissant directement, sans violence, à un point précis de ce système. Il peut s'agir d'une occupation, comme celles qu'ont mené les Noirs Américains dans les cafés qui étaient réservés aux Blancs, ou bien comme celles des bergeries sur les terres du Larzac ; il peut s'agir d'un blocage, comme celui que des milliers de citoyens Allemands ont organisé pour empêcher des trains de déchets nucléaires de circuler. Là aussi, ces actions ne se suffisent pas à elles-mêmes car elles sont limitées dans l'espace et dans le temps. Mais là encore, leur dimension symbolique est très importante pour changer nos regards et nos états d'esprit. Ces actions sont le plus souvent illégales quoique revendiquées légitimes par les personnes qui les mènent : elles relèvent alors, si elles sont menées à visage découvert par des personnes qui entendent assumer leurs actes devant la justice, de la désobéissance civile. Ces actions sont utiles car elles créent des conditions d'anormalité, qui peuvent interpeller la population et faire comprendre que quelque chose de grave est en train de se passer, au point que certains citoyens sont prêts à prendre des risques juridiques voire des risques physiques.

Notons que tous les types d'action peuvent relever de la désobéissance civile, et non seulement l'action directe non-violente. L'échange de certaines semences anciennes ou l'application de certains traitements biologiques sur des cultures sont aujourd'hui interdits en France : alors qu'il s'agit d'actions constructives, leur revendication relève donc de la désobéissance civile ; l'appel au boycott est interdit en France : même si certains appels au boycott pourraient contribuer à sauver le climat, ils relèveraient donc de la désobéissance civile ; certaines manifestations, annoncées comme pacifiques, sont néanmoins interdites par les autorités : leur organisation relève donc de la désobéissance civile, etc.

L'action non-violente, en s'opposant à une situation d'injustice dont dépendent des intérêts divergents des nôtres, crée un conflit. Mais le conflit n'est pas la violence. C'est la manière dont on gère le conflit qui peut être violente, ou au contraire, non-violente. La non-violence ne consiste ni à être seulement gentil, ni à être passif, car cela ne permet pas, en soi, de résoudre les situations d'injustice. Dans toutes les formes d'action évoquées, c'est en plaçant au cœur de notre démarche à la fois la bienveillance et le respect des personnes, ainsi que l'exigence de justice, que ces actions seront véritablement non-violentes. « Un conflit qui se termine sans rancœur, où les ennemis deviennent des amis, voilà le test ultime de la non-violence », nous a dit Gandhi. C'est notre capacité à allier la bienveillance, le respect et l'exigence de la justice dans une même démarche qui nous permettra de faire de l'action non-violente un moyen à la fois juste et efficace pour changer non seulement les rapports de force, mais aussi les rapports de conscience.


Une véritable stratégie de lutte non-violente

Ce qui fait une véritable stratégie de lutte non-violente, ce n'est pas le choix d'une forme d'action plutôt qu'une autre, ni même l'addition ou la succession de toutes les catégories d'action non-violente, car nous avons vu qu'aucune ne se suffit à elle-même. C'est l'organisation de leur complémentarité qui peut construire une stratégie gagnante. C'est en cela que la stratégie non-violente permet au plus grand nombre de s'investir dans un même mouvement : des personnes jeunes ou âgées ; des femmes comme des hommes ; des personnes prêtes à subir la répression policière sans répondre à la violence, comme d'autres personnes qui ne souhaitent pas prendre de tels risques physiques ; des personnes plus ou moins précaires ou plus ou moins aisées ; des personnes qui sont prêtes à investir tout leur temps dans un mouvement comme d'autres qui y consacreront moins de temps car occupées par leur famille, leur travail, des problèmes de santé, etc. Dans une stratégie non-violente, il faut imaginer toute une série d'actions différentes, susceptibles d'impliquer un grand nombre de publics différents, mais qui visent des objectifs communs. Par exemple sur le système de financement d'un projet nocif pour le climat : placer son argent à la NEF est une action constructive, organiser des retraits massifs de clients des banques nocives par des appels au désinvestissement est une action de non-coopération, déployer des banderoles sur le siège d'une grande banque est une action symbolique de persuasion, bloquer le chantier d'un projet nocif pour le climat en s'enchaînant à des machines est une action directe non-violente, organiser une manifestations de masse est une action de protestation, etc. qui toutes sont susceptibles de faire s'impliquer des publics différents en accumulant leurs forces sur un objectif commun.

La non-violence devient alors le caractère unifiant d'une multitude de formes d'action qui sont autant de portes d'entrées susceptibles de constituer un mouvement populaire de masse. Comme le mouvement des Indignés en Espagne en 2011 : certains citoyens occupaient les places de dizaines de villes dans des campements permanents pour y exercer la démocratie directe et l'élaboration d'un programme citoyen, alors que d'autres, qui ne pouvaient pas se le permettre par manque de temps, ou parce que leur condition physique ne le leur permettait pas, ou par peur de subir la répression policière, participaient néanmoins pleinement au mouvement en apportant de la nourriture, de la crème solaire, des ustensiles de cuisine, etc. Comme les campagnes non-violentes que Gandhi avait impulsées en Inde et en Afrique du Sud, où les gens pouvaient participer soit en filant du tissu artisanal, soit en boycottant du tissu industriel, soit en participant à des manifestations ou à des actions de désobéissance civile comme la destruction de papiers d'identité discriminatoires ou en fabriquant du sel (cela était interdit aux Indiens). La lutte contre l'extension du camp militaire sur les terres du Larzac est également un exemple d'une lutte qui a puisé dans la diversité des formes d'actions, toutes non-violentes : construction de bergeries et mises en culture de champs, mais aussi occupations et blocages, actions de protestation symboliques aux quatre coins de l'hexagone mais aussi manifestations pacifiques de masse, etc.

Au-delà de la différence de ces actions, leur caractère commun de la non-violence permet à un mouvement d'être unifié. L'intérêt d'un mouvement unifié autour de la non-violence réside également dans le fait qu'il constitue un processus qui en soi est constructif d'un type de société différent : une société basée sur la participation populaire et la diversité plutôt que sur des élites spécialisées (qu'il s'agisse d'experts scientifiques ou économiques, de représentants politiques, etc.) ; une société basée sur la non-violence et le respect plutôt que sur le culture de la violence ; une société basée sur la coopération plutôt que sur la compétition, etc. Car la coordination de cette multitude de formes d'action dans un même mouvement permet justement d'expérimenter, dans le processus même de la lutte, une manière de donner une place à chacun et de fonctionner ensemble.


III - Le rôle d'Alternatiba dans le contexte d'un mouvement impulsé autour de la COP21

Alternatiba a pris la forme d'une dynamique à travers laquelle s'engagent de nouvelles personnes dans le développement des alternatives au dérèglement climatique. C'est une dynamique qui est clairement identifiée sur un message positif et des actions constructives. Le public que cette dynamique rassemble n'est donc pas au départ celui d'autres formes d'actions telles que la non-coopération ou l'action directe non-violente.

Alternatiba a été organisé dès le départ pour enclencher une dynamique qui ait son propre agenda, mais qui puisse également peser sur les échéances internationales comme celles des COP, et notamment la COP21.

Les organisateurs des Alternatiba ont de plus une responsabilité particulière par rapport au type de mouvement qui va s'engager autour de la COP21. Il y aura de toute façon des dizaines de milliers de personnes qui se mobiliseront à Paris au moment de la COP21, et personne ne sait encore ce que feront ces dizaines de milliers de personnes. Mais ce qu'elles feront dépendra en partie du type d'appel que lanceront les différents mouvements impliqués dans la lutte contre le dérèglement climatique, notamment en France, et dont Alternatiba fait aujourd'hui partie. Par exemple les appels « Occupy », clairement basés sur la non-violence, la masse populaire et le fonctionnement démocratique, ont conditionné un certain type de mobilisation qui s'est construit autour de ces critères. Et parmi les mouvements engagés dans la lutte contre le dérèglement climatique, la dynamique Alternatiba est devenue une référence, car c'est elle qui a relancé une mobilisation populaire sur le thème du climat en France. La manière dont Alternatiba va appeler ou non à se mobiliser autour de la COP21 va donc avoir de l'importance.

Il y a au moins trois raisons pour qu'Alternatiba lance des appels pour une mobilisation populaire massive, radicale et non-violente :

1) Il faut lancer un appel à une mobilisation radicale, au sens premier du terme, c'est-à-dire qu'il faut s'employer à résoudre le problème à la racine, et non pas moraliser le capitalisme ou verdir la croissance : c'est bien d'un changement en profondeur de nos sociétés dont nous avons besoin.

2) Il faut lancer un appel à la mobilisation non-violente, car la tentation de la violence est réelle, et que l'action violente risquerait d'être contre-productive :

  • car l'action violente favorise la participation des hommes plutôt que des femmes, des jeunes plutôt que de personnes plus âgées, des forts physiquement plutôt que des plus faibles, etc., ce qui nous empêcherait d'utiliser la COP21 pour l'impulsion d'un mouvement réellement populaire et durable.
  • car l'action violente est dérisoire face à un système qui a des moyens très importants d'exercice de la violence. Saul Alinsky nous interrogeait sur la pertinence de « choisir les fusils quand c'est l'adversaire qui a tous les fusils ».
  • car l'action violente ne permet pas de délivrer un message clair, et de provoquer un changement de mentalités et une adhésion de l'opinion publique et des personnes que nous voulons engager dans un large mouvement climatique, puisque le message de fond que l'action violente est censée exprimer, quel qu'il soit, est brouillé par la violence-même de l'action : on parle alors davantage de la forme de l'action, ou de la colère, plutôt que des raisons de la colère, et encore moins des solutions !
  • car l'action violente est mécaniquement anti-démocratique, puisque la majorité des tâches nécessaires à son élaboration doivent être réalisées secrètement, donc sans discussion ni contrôle d'une large partie du mouvement ; alors que l'action non-violente peut se mener de manière transparente pour la majorité de ces types d'action – et même pour les actions nécessitant une certaine confidentialité, elles ne nécessitent de mener de manière confidentielle qu'une toute petite partie des tâches nécessaires à leur élaboration.
  • car l'action violente, quelle que soit la cause défendue, contribue à construire, par son processus même, une société qui repose sur la violence, la domination, et la déshumanisation (la violence portant atteinte à la dignité de la personne qui en est victime mais aussi à celle de la personne qui l'exerce !) L'action non-violente, quant à elle, ne s'en prend pas aux personnes mais les respecte et donc tend à construire, par son processus même, une société plus humaine et plus juste, basée sur le respect d'autrui.

3) Enfin il faut lancer un appel à la mobilisation non-violente pour préparer la diversité des formes d'action qui pourront constituer une véritable stratégie gagnante, en impliquant à l'avance les autres mouvements susceptibles de s'engager dans toutes les formes d'action non-violente que nous pourrons imaginer mener autour de la COP21, et pour les coordonner de manière complémentaire. C'est quelque chose qu'il faut préparer à l'avance, et non pas dans les derniers mois précédant la COP21.

Alternatiba doit non seulement s'articuler avec les autres mouvements compatibles avec son action constructive, mais aussi contribuer pleinement à impulser une véritable stratégie gagnante pour relever le défi climatique.

 

 

Contribution de Elise Bancon, Mattin Ihidope, Magali Lartigue, Robert Léon, Yannick Montaulieu, Jon Palais, Alice Péré-Escamps, Max Rademacher, membres d'Alternatiba Bayonne 2013

8 juin 2014