New Story Summit Findhorn : session 7

Penser autrement: 

Ressources: 

Le pouvoir de la communauté

La session s'ouvre sur une remémoration de ce qui s'est passé, ressenti et dit les jours précédents. Intégration. Annonce du programme de la matinée.

Alixa Garcia (Colombie) poétesse hip-hop à haute énergie. "La Creativité est notre arme contre la destruction". Avec 3 bouteilles vides elle fait un étonnant numéro de flûte de pan/percussion. Ensuite, accompagnée d'un compère au Steel Drum, elle rappe un texte dense et clair, Formidable puissance de la jeunesse et de la conviction !  Je vais tenter de capter et transcrire ce texte magnifique. Voir ses sites : 

http://www.climbingpoetree.com/ et

https://www.youtube.com/watch?v=TuIHdEE0Tjw

Alxa

Le groupe suivant de 6 personnes ressource vont réagir aux propositions du public sur le thème des Communautés : 

Kosha Joubert, prés. du Global Economic Network

Benjamin von Mendelssohn & Vera Kleinhammes de l'écovillage de Tamera (Portugal)

Sophie Banks, de  Transition Movement à Totnes, elle s'occupe de l'intégration intérieur / extérieur. Le mvt de la Transition vit les mêmes tensions internes que le monde. Trouver comment construire et préserver le lien intra-communautaire.

Ousmane Pame (Senegal) : Prof à l'université, et président des écovillages africains. En Afrique on partage naturellement beaucoup plus qu'en occident.

Herbert Girardet. Vit dans un vieux village de Wales qui cherche à reconstituer sa communauté détruite par les grands axes de circulation. Créateur d'un festival de rue. Comment réconcilier les mondes urbains et les communautés ? Comment construire des villes durables et vertueuses ?

 

Invitation au public à échanger en groupes de 3-4 pendant 10 minutes et dégager quelques vérités simples sur le rôle des communautés dans la co-création de notre avenir ? que doivent-elles faire ? ou comment doivent-elles se transformer ? 

Il y a tant à dire.... 10 minutes semblent trop peu pour obtenir que le public se taise. Rappel que chacun de nous détient une part de la vérité. Ressentir la résonance de ce que vous venez d'entendre et de dire.

 

Quelques-unes de ces vérités simples  :

  • Il y a le pouvoir du lieu, en plus de celui des gens.
  • Un village c'est des gens qui coopèrent. Et ça c'est un pouvoir immense
  • La communauté assure notre appartenance, notre visibilité, notre sens des valeurs. Donner & recevoir au sein de la communauté
  • Nous sommes aussi une communauté à l'intérieur de nous-mêmes. 
  • La Communauté c'est une célébration de l'être ensemble (a festival of interbeing), une activation du bien commun pour toute forme de vie.
  • La communauté rétablit le lien entre les jeunes et les vieux
  • C'est l'endroit où on peut se connaître soi-même et le monde, à travers le regard bienveillant de nos voisins. Voir ce qu'il y a vraiment dans notre coeur
  • On y apprend ce qu'on ne sait pas
  • Quand on commence par honorer la beauté et les forces présentes, tout le reste vient tellement plus aisément
  • C'est le lieu qui permet l'émergence de ce qui est vraiment vivant en moi
  • C'est le cadre où le changement peut se vivre sans angoisse, et c'est le lieu où de nouveaux modèles économiques peuvent se mettre en place
  • Une pratique communautaire dans les Andes : on y danse beaucoup pour faire face aux luttes

 

Défis ? questions au panel ?

  • développer des compétences. Lesquelles?
  • comment les communautés vont-elles inclure ceux qui ont peu de ressources matérielles et de capital culturel ? 
  • c'est un espace entre-deux. Paradoxes : développer son individualité tout en lâchant prise, intégrer son passé personnel et le futur commun...
  • cf. wiserearth.org et un autre site....
  • quelles sont les limites d'une communauté ? qu'est-ce qui est dedans, qu'est-ce qui est dehors ?
  • ​défi : être un transparent et respecter ses ombres

 

Réactions du panel :

Les 2 de Tamera : La communauté est moins un groupe de gens qu'une transformation radicale de notre façon de penser et de nous comporter. Une communauté n'est pas un collectif. C'est un espace où chacun de nous peut s'épanouir. La communauté est un remède contre la maladie de la séparation. Communier avec les mondes invisibles, avec les mondes animaux, mais surtout avec nos semblables humains. On a tellement peur les uns des autres. Les communautés sont les serres où poussent les plantons de la confiance. La consommation est ce substitut au vide que nous ressentons, à l'absence du sentiment d'appartenance.

Nous vivons un temps d'Apocalypse, dont l'autre sens est Révélation. 

Ousmane : Chez les Wolofs en Afrique, une personne est une médecine pour une autre. La monnaie, ce n'est pas l'argent, c'est l'autre. Chez nous, les morts ne sont pas morts. Ils vont juste ailleurs. Intégrer les morts dans nos communautés. Nous ne sacrifions pas au dieu de la consommation. Les Africains voyagent beaucoup, bien qu'il n'y ait pas d'infrastructures hôtelières. Chaque maison est un hôtel. La communauté est une assurance vie pour chacun de ses membres. Présence et respect du rôle des Anciens. Pas de solitude.

Sophy Banks : les gens qui ont un rêve créent de nouveaux lieux, utilisent des technologies sociales : p.ex. écovillages. Mais on peut aussi le faire en restant là où on vit : la Transition est une autre de ces technologies sociales. Rob Hopkins, ce visionnaire génial, a commencé par honorer les savoirs des Anciens. Et pourtant, dans nos villes, la communauté résiste souvent durement à toute proposition de changement. Nous devons traiter la douleur de vivre séparés. A Londres, on peut prendre bien plus de risques. Dans les petites villes, il faut bcp plus de prudence quand on parle d'intériorité. Il y aurait encore beaucoup à dire...

Herbert Girardet : nous avons à apprendre de l'Afrique pour ce qui est de la relation des humains entre eux. Mais nous devons aussi reconstituer le lien à nos paysages. Les distances physiques sont devenues importantes. On se parle par Skype à défaut de pouvoir se toucher... On est devenus des pendulaires, dont le paysage nature est essentiellement de la route et des embouteillages .... On est devenus des rurbains consommateurs. Communauté signifie aussi régénérer notre relation à la nature environnante.

Respire.

Kosha a grandi en Afrique du Sud sous l'apartheid. Connecter les communautés tout autour de la planète. Les communautés de coeur. Une nouvelle façon de percevoir, de sentir, d'aimer. Ca commence à l'endroit où chacun de nous se trouve : dans nos familles, dans nos entreprises, nos écoles.... Et ne croyez pas que cela soit confortable. Voir ma douleur, ma peur, dans les yeux de l'autre. C'est la vraie intimité. C'est puissant. La nouvelle histoire ne viendra pas de toi ou de moi, mais naîtra entre nous. Nous pouvons écrire notre avenir nous-mêmes.

 

Mary Alice Arthur, conteuse militante. Nos histoires sont la bibliothèque de l'humanité. Une histoire lui est venue qui demande à être racontée. 

Vérité marchait de village en village. Soulevait malgré son bon vouloir méfiance (petits yeux) et agressivité (poings fermés, mots méchants), Se faisait régulièrement jeter, insulter, couvrir d'opprobres et chasser à coup de contenu de poubelles. Vêtements déchirés, haillons.

Un jour, en passant près d'un autre village, a entendu le son d'une célébration : on préparait une fête. Et c'est là que Vérité a vu entrer Histoire. Les gens l'ont accueilli avec joie et acclamée. Personne n'a plus écouté Vérité. Mais Histoire est venue vers Vérité et a écouté son histoire  et ses plaintes. Lui a dit : "Commence par t'habiller mieux, personne n'aime la Vérité toute nue !!! Et puis viens avec moi. A deux, on va y aller, et tu vas voir ce que tu vas voir. " Ont fait alliance,ont pu entrer partout et ont eu grand succèsC'est toujours comme ça que ça marche, et ça n'a jamais marché autrement.

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