Notre Dame des Landes : histoire d'une résistance

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Le Collectif Mauvaise Troupe vient de publier un petit opuscule d'une vingtaine de pages, un livre-appel qui raconte l'histoire passionnante et émouvante (mais oui !) de la résistance à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes,  sous le titre

Défendre la ZAD.

L'ouvrage a été traduit en anglais par LaboFii, le Laboratoire d'Imagination Insurrectionnelle,  sous le titre Defending the ZAD.

JPEG - 45.9 koEntre récit, manifeste et chronologie des faits, l'image donnée de l'occupation de N.-D. des Landes ressemble à une Commune du XXIe siècle :  sur ce coin de terre "libérée" d'un peu plus de 800 ha de terrain agricole, de forêts et de marais dans l'ouest de la France se côtoient des militants radicalisés du monde entier, des fermiers locaux et des villageois, des syndicalistes et des naturalistes, des réfugiés et des fugitifs. Des groupes militants du climat et de l'environnement de la France entière et d'ailleurs y travaillent ensemble pour mettre en valeur le terrain, mettant tout en commun tout en résistant à la construction d'un nouvel aéroport.

 

Mais ne croyez pas qu'il ne s'agit que de jouer au gendarme et au voleur. Les résistants s'affrontent non seulement aux forces de police, mais reconnaissent la réalité de l'ennemi intérieur  ce qui les oblige à passer de la résistance physique à la créativité sociale :

"Il ne s’agit plus seulement d’affronter le pouvoir sous sa forme la plus visible,
mais de se battre contre ce qui s’est niché au plus profond de nos êtres. Il y a toujours, en nous tous, quelque chose de ces individus séparés, engoncés dans leurs identités sociales, culturelles, politiques. La mise en échec d’un dispositif policier ne suffira jamais à détruire ce qui nous tenaille encore de consumérisme, de dépendances dévastatrices, de préjugés, de sexisme ordinaire…"

"...Un certain nombre de conflits d’usage ont ainsi vu se heurter des conceptions antagonistes : celle de la terre comme outil de travail, et celle d’une nature qu’il faudrait laisser à elle-même pour la préserver de la corruption des activités humaines. Si cette opposition est d’abord vécue comme inconciliable, on finit par avancer dans le chemin tortueux d’une expérience où se conjuguent la réappropriation collective du territoire par ses habitants, la mise en partage d’une partie de ses ressources – terres agricoles, bois, routes et chemins, etc. – mais aussi l’attention à ménager des espaces qui existent pour eux-mêmes, et non parce qu’ils répondent à tel ou tel besoin humain. C’est ainsi qu’au fil des conflits, dont nul ne peut nier la dureté, une certaine intelligence collective se dégage de la confrontation entre nos différentes sensibilités."

"...Ce que nous inventons à tâtons, c’est la capacité collective à définir nous-mêmes nos propres règles"

La survie de cet espace est menacée en ce début 2016 et la solidarité internationale est donc cruciale. La zad et tout ce qu’elle représente, à l’image des combats d’hier ou d’ailleurs, constituent ici et maintenant une précieuse lueur d’espoir dans cette époque désenchantée.

Il faut défendre la zad.
À Notre-Dame-des-Landes.
Partout

 

Lisez cette histoire - faites la lire autour de vous ! Vous y retrouverez les accents de ce qui a dû animer les Communards de Paris en 1871.