Une jolie histoire de famille et de sociocratie !

Penser autrement: 

Extraite d'une conversation entre mordus de la sociocratie, voici - en réponse à la question posée de la "maturité" dont devrait faire preuve tout "objecteur" -   une jolie histoire relatant l'expérience personnelle d'Isabell Dierkes, mère de famille qui a mis en place un cercle de parole sociocratique avec ses enfants : 


Mon ex-mari et moi étions en plein divorce et il s'apprêtait à quitter la maison avec notre fille de 11 ans. Moi j'allais rester dans la grande maison avec nos deux garçons (14 et 17 ans).Ouche ! Je savais que je n'allais pas rester en mesure longtemps de payer le loyer de cette maison. J'ai donc inscrit le problème à l'ordre du jour sous forme d'une proposition (qui en réalité était un ordre !) de déménagement pour moi et les garçons dans un appartement plus petit à la hauteur de mon budget. Je pensais que c'était suffisamment évident pour aller de soi et que les garçons comprendraient.

Quand son tour est venu de prendre la parole, mon fils de 14 ans a éclaté en sanglots et dit d'une voix brisée "Moi je ne peux pas quitter cette maison. C'est ma maison. Je ne peux même pas imaginer habiter ailleurs..." Moi, cela m'a mise hors de moi. C'était à moi de prendre la parole juste après, et j'ai immédiatement commencé à argumenter pour expliquer toutes les bonnes raisons qui faisaient que je ne pouvais plus assumer le loyer.

Et j'ai terminé en assénant : Nous ne pouvons pas rester !!!!!  J'ai tout de même réussi à dominer mes impulsions en ne mettant pas un terme immédiat à notre expérience de sociocratie familiale et en le traitant de gamin immature incapable de participer à une décision de cette importance.

On a alors lancé le second tour de parole ; on avait tous le souffle court et on tremblait. Larmes et  grande tension. Je me disais que c'était lune situation insoluble...

Troisième tour de parole : c'est notre petite de 11 ans qui a émis une idée intéressante. "Maman, dit-elle d'une toute petite voix, quand Papa et moi on sera partis, t'auras plein de chambres vides. Tu pourrais les louer..." Silence. Intéressant. L'intensité de la tension n'a pas baissé, mais c'est comme si elle avait désormais une direction. Il a fallu traiter encore tout un tas, mais vraiment tout un tas d'autres objections mais à la fin de cette session, nous avions mis en place un cercle d'entraide avec les garçons, qui allaient monter différentes propositions. Nous nous sommes revus quelques jours plus tard pour en discuter...

Pour finir, nous avons trouvé deux locataires et les garçons ont décidé de partager une chambre. Rendez-vous compte ! Deux frères de 14 et 17 ans de caractères et façons de vivres totalement différents étaient d'accord de faire l'essai. Cela n'a pas été sans problèmes mais heureusement les deux nouveaux locataires ont accepté d'entrer dans notre cercle sociocratique. Nous avons baptisé notre maison "la maison vivante" et tous les problèmes ont été traités et résolus de façon sociocratique.

Ca a été une période formidable. Nous avons tous beaucoup appris, en nous prenant les pieds dans le tapis, en objectant sans conviction ou avec émotion, mais en tous cas, nous avons construit une vraie communauté et de vraies amitiés.

Et après toutes ces péripéties, ...mon ex- mari et moi vivons à nouveau ensemble. L'un et l'autre à un  niveau supérieur de maturité et capables de faire face à de nouveaux défis... ( et bien sûr de nouvelles tensions !)

Bonne Année !

 

Et pourquoi ne pas traiter de la même manière les questions de sexualité et de contraception avec les ados ? et la question de l'alcool ? et les règles de communication ? l'argent....

Les enfants acceptent bien mieux de se conformer aux règles sîls ont participé à leur rédaction.

Et en plus, comme le dit Gilles Charest, c'est une machine à nettoyer le karma des parents....