Technologies, solitude et relations humaines

Penser autrement: 

Sherry Turkle, une psychologue américaine expose avec une clairvoyance inquiète la question de l'omniprésence des outils électroniques de communication dans nos vies. Elle montre que nous en sommes venus à préférer la connexion à la conversation, la première ayant sur la seconde l'avantage de prendre moins de temps et de nous permettre de mieux contrôler ce que nous émettons... Comme si nous cherchions à masquer - ou à échapper au fait - que les humains sont des êtres souvent irrationnels et imprévisibles...

Je partage donc je suis ?

Nous sommes de plus en plus connectés et à la fois de plus en plus solitaires. Avec les machines pour compagnes, nous croyons échapper dans un premier temps au sentiment de solitude, mais nous n'établissons plus que des semblant de relations qui ne vont pas en profondeur, qui font l'économie du contact visuel et sensible. Nous devenons de plus en plus étrangers au sentiment d'intimité.

Sherry Turkle plaide pour rétablir une autre relation à soi, aux autres, à la communauté sans pour autant bannir la technologie, mais en la mettant au service de l'humain au sens complexe et profond et sensible du terme. Rétablissons le goût pour la solitude qui est ce lieu où l'être se fait face à lui-même et se trouve,  et enseignons-le à nos enfants, sous peine d'en faire des solitaires dépendants. Rétablissons des moments et des lieux propices à la conversation dans nos vies quotidiennes, en famille comme au travail et apprenons à nous écouter mutuellement.

Sans jeter nos téléphones portables pour autant, sachons ne pas oublier notre corps, nous rappeler de l'importance de la présence physique et du contact humain direct aussi bien en famille, qu'en société et en politique.