Le réchauffement climatique en 3 chiffres et quelques images

Penser autrement: 

Le 2 août dernier, Bill McKibben, le patron de 350.org signe un article clair et terrible dans Rolling Stones de juillet dernier : il y explique que la catastrophe due au réchauffement climatique qui nous attend tient en trois chiffres terrifiants. - et que cela devrait nous ouvrir les yeux sur qui sont les ennemis que nous avons à combattre.

1er chiffre : 2.

2° Celsius, c'est l'augmentation maximale de la température de notre atmosphère que l'écosystème terrestre peut supporter avant d'être entraîné dans une série de réactions en boucle rétroactives, qui feront basculer l'ensemble des conditions qui permettent aujourd'hui la vie humaine vers un nouvel équilibre imprévisible et irréversible, vraisemblablement beaucoup moins favorable aux humains.

 

2ème chiffre : 565 gigatonnes

 

C'est la quantité de CO2 que l'on peut encore déverser dans l'atmosphère avant d'avoir atteint cette augmentation de 2°. Il faut savoir que nous en sommes d'ores-et-déjà à +0.8°, et que quoi que nous fassions à supposer que nous stoppions toutes les machines dès demain, le CO2 déjà libéré produira de toutes façons encore un réchauffement à peu près égal. Nous avons donc déjà consommé à peu près 3/4 de la marge disponible.

 

3ème chiffre : 2,795 gigatonnes

 

... et probablement le plus inquiétant : c'est la quantité de CO2 que produiront les réserves de pétrole que les majors du pétrole ont prévu d'extraire dans les années à venir. Ce pétrole sera dont vendu et vraisemblablement brûlé par ses acheteurs. Et le problème, c'est que c'est 5x plus que 565....

Au jour d'aujourd'hui, il ne s'agit même plus de vouloir ralentir la consommation : c'est dans la terre qu'il faut laisser le pétrole, là où il est. C'est là où il doit rester si nous ne voulons pas faire exploser le climat.

Hillary Clinton elle-même aurait déclaré à son retour de voyage en Arctique que la réalité du désastre en cours dépasse largement les prévisions des scientifiques. Mais les politiques, y compris ceux qui font des déclarations plus ou moins tonitruantes sur leurs intentions, liés qu'ils sont par leur électorat et les grandes multinationales, font le plus souvent le contraire de ce qu'ils disent ou ne font rien du tout.

L'ennemi véritable, ceux qu'il faut à tout prix empêcher d'agir, ce sont bien les grandes compagnies pétrolières, qui se sont donné pour tâche d'exploiter cette énergie fossile qui détruit notre planète pour leur plus grand profit, et qui quoi qu'il arrive, sont décidées à faire leur travail jusqu'au bout. NB: Elles sont en grande partie basées à Genève, dans les bureaux feutrés dont nous avons visité les enseignes lors de notre Visite Gui(n)dée du Genève glamour du trading le 20 juin dernier. NB : Les autorités de Genève leur font des ponts d'or pour les attirer dans le canton !

McKibben termine son article : "Les trois chiffres que j'ai décrits sont terrifiants - il se peut qu'ils soient la définition d'un avenir împossible. Mais au moins ils éclairent une compréhension intellectuelle des plus grands défis auxquels l'humanité ait jamais eu à faire face. Nous savons combien nous pouvons brûler, et nous savons qui à l'intention d'en brûler plus. ... nous avons rencontré notre ennemi : c'est Shell [et consorts]"

Nous voilà avertis : ni les politiques ni les commerciaux du pétrole ne feront rien. Aux armes, citoyens !

Pour finir de vous convaincre, regardez ces lamentables images publiées par Greenpeace sur ce qui se passe dans le Nord de la Russie, et comment se comportent les pétroliers là-bas. Combien de temps nous faudra-t-il pour réparer tout cela ?

Aux armes citoyens ! Aux armes non-violentes arrêtons le massacre ! inventons la vie sans pétrole, vidons l'argent international de son pouvoir maléfique, sortons de notre hypnose  ! Trouvons comment agir,  à commencer par continuer à nous mobiliser contre l'exploitation du gaz de schiste dans la région (22 septembre) et en dénonçant largement les méfaits des pétroliers. (lisez (cf. SwissTrading, publié par la Déclaration de Berne).